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témoignages

Vous avez connu Chamrousse naguère, et vous souhaitez apporter vos témoignages. Ils seront les bienvenus dans cette rubrique. Pour cela, il suffit de m'envoyer un mail en vous reportant à la page contact.

Sauf si vous me demandez expressément de citer votre nom, seul votre prénom apparaîtra dans le témoignage.


Vous possédez peut-être aussi des documents historiques sur Chamrousse, par exemple des photos personnelles prises lors des Jeux Olympiques d'Hiver de 1968, ou bien des reproductions anciennes avant la naissance de la station. Dans ce cas, vos documents seront appréciés pour une parution dans ce site.


Trois témoignages vous sont présentés :


- celui de Christian qui fut cuisinier à Chamrousse en 1968 / 1969 ;

- celui de Claude qui évoque ses souvenirs d'enfance, avant la création de Roche Béranger ;

- celui de Raymond qui rappelle ses mois passés au Luitel en 1942 dans les Chantiers de Jeunesse.


Témoignage de Raymond (qui fut affecté au Chantier de Jeunesse du Luitel en 1942)

Engagé en juillet 1942 au Groupement 12 (PC à Péage de Vizille) des Chantiers de la Jeunesse (*), j'ai été affecté au camp qui entourait de très près le lac du Luitel et j'y ai passé 8 mois.

Ce petit lac, noir et très froid, nous inquiétait un peu et aucun des "jeunes" du camp n'aurait voulu s'y baigner. Nous occupions des baraquements, environ une douzaine, au bord du lac et notre travail consistait à planter des arbres et à construire la route qui menait à Chamrousse. C'était une vie assez monascale, dure, mais l'époque l'était aussi. La nourriture était un de nos soucis constants.

En novembre 1942, lorsque l'armée allemande a occupé la zone libre, nous avons eu l'arrivée de soldats italiens qui ont occupé toute la région et qui ont partagé le confort relatif de nos pauvres baraques. Le lac du Luitel a connu alors une période un peu plus mouvementée avec des allées et venues des alpins italiens qui occupaient les lieux, sans problèmes majeurs, je dois le constater.

Je suis revenu voir le lac durant l'été 2007 et j'espère le revoir encore.

(*) Les Chantiers de Jeunesse se substituèrent à l'armée française après la débâcle de 1940. Ainsi fut créé un service national au profit des jeunes, lequel fut rattaché au Ministère de la Jeunesse et de la Famille. Sous l'autorité de ce ministère, les jeunes furent versés dans ces Chantiers de la Jeunesse pour une période de 6 mois, puis de 8 mois. Pour ces jeunes gens, il avait été décidé de les faire "camper en pleine nature, au milieu des bois, à l'abri de toute cause de trouble ou d'agitation". Ces jeunes durent s'occuper de grands travaux d'intérêt général.

Je vous donne quelques autres informations sur les événements qui ont bouleversé pendant quelque temps le calme de notre lac. Lors de l'entrée des troupes allemandes en zone libre, notre camp avait un effectif très réduit, d'environ 10 personnes. Nous avons vu arriver, et cela a duré plusieurs jours, des camions de l'intendance militaire de Grenoble qui ont voulu stocker une quantité considérable de matériel, non militaire. Vêtements, chaussures, sacs à dos, etc. Les baraques étaient pleines jusqu'au plafond.


Ce défilé de camion a alerté les troupes italiennes qui occupaient la région et c'est ce qui a motivé leur arrivée inopinée, un soir. Ils pensaient probablement qu'il s'agissait d'armes. Ils ont partagé avec nous les quelques baraques qui restaient vides. Sans aucune violence - il faut le dire - mais aussi sans aucune collaboration. Plus tard, avec l'apparition des maquis, cette région a connu d'autres problèmes.


Nous ne pouvions pas penser, à cette époque, que les abords du lac recélaient les plantes rares qui ont motivé ensuite leur classement par les instances européennes. La construction des baraques avait dégagé des surfaces importantes qui ont, depuis, été couvertes de végétation. Lorsque je suis revenu en 2007, j'ai eu des difficultés à reconnaître les lieux.


Malgré mon âge assez "avancé", je ferai tout mon possible pour revoir, encore une fois, la lac du Luitel. Il reste très présent dans ma mémoire.


retrouvez le récit complet de Raymond sur sa vie au camp du Luitel

J'ai connu Chamrousse en pleine effervescence. J'étais cuisinier à l'été 1968 aux Marmottes et durant l'hiver 68/69 à la Grenouillère. Que de souvenirs de jeunesse ... j'avais alors 19 ans ! Nous nous connaissions tous, Léo le pâtissier, Jean-Marc le plongeur, Mado la serveuse chez Angelier.

Souvent tous les membres des restaurants se retrouvaient. Si, à tout hasard, un ancien ou une ancienne pouvait lire ce message, quelle joie serait celle de me contacter !

Témoignage de Christian

Témoignage de Claude

Mon père a découvert la montagne à Chamrousse lorsqu'il a effectué son service militaire comme chasseur alpin. Nous sommes revenus régulièrement faire du ski tous en famille, j'avais trois ans sur mes premières planches !! Mes parents ont été les premiers à acquérir un terrain alors que Roche B n'était pas encore créé, c'était en 1960 ! Le chalet qu'ils ont construit est passé sous ma protection, aujourd'hui. Ma mère, 89 ans, encore de ce Monde, a la nostalgie de ce grand passé !! Je continue de faire vivre cet endroit et passe doucement cet héritage à mes enfants. Chamrousse en fait, c'est une histoire d'Amour dans une histoire de plusieurs vies !